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mardi 4 septembre 2012

Khosrow surprend Shirin au bain : le regard de D. Clévenot



 Khosrow surprend Shirin au bain. Cette miniature est disponible en puzzle 1000 pièces sur le site : www.sindbad-puzzle.com


Khosrow surprend Shirin au bain, vers 1620
Attribué à Haydar Qoli
Tiré du Khamseh (5 poèmes) de Nezami
Peinture à la gouache, Eluminure et texte calligraphié sur papier sablé d'or
17,6 X 13,6 cm.
BnF, dép. des Manuscrits Orientaux

Dominique Clévenot, professeur d'arts plastiques et Science de l'art à l'université Toulouse-Le Mirail nous propose sa lecture de ce chef-d'oeuvre de la peinture persane :
"Khosrow, immobile, un doigt posé sur les lèvres, cherche à retenir cet instant volé, instant éphémère de la vision.
Mais quel est exactement l'objet de cette vision ? Est-ce la seule Shirin, qui, presque nue, ignore le regard de Khosrow comme elle ignore le nôtre ? Ou est-ce aussi le paysage qui l'entoure, avec ses fleurs, ses arbres habités d'oiseaux et ses rochers gonflés de vie ? Le bain de Shirin est en fait une immersion dans la nature. Cet accord parfait entre la femme et le paysage s'exprime par le mouvement fluide qui innerve l'ensemble de la peinture, reliant tous les éléments les uns aux autres. Le ruisseau enlace les rochers. L'attitude de Shirin prolonge la silhouette courbée de l'érable qui se dresse derrière elle. Cet arbre lui-même, qui épouse les mouvements de la barrière rocheuse, trouve son écho dans le jeune cerisier en fleur. Le cheval noir qui arrondit l'échine pour brouter une touffe d'herbe répète, quant à lui, la tache rouge des vêtements que Shirin a jetés sur la branche de l'arbre. Toutes ces correspondances, entre le minéral et le végétal, entre les animaux et les personnages, concourrent à unir les éléments qui constituent le monde en un tout organique et vivant. Cette fusion entre l'homme et la nature peut être comprise comme l'équivalent pictural des innombrables métaphores du texte de Nizami où Shirin est comparée à la lune, à la rose, à l'hermine, à la perle, etc. Le solide érable et le frêle cerisier ne sont-ils pas eux-mêmes la métaphore du couple Khosrow-Shirin ? Mais, plus encore, cette fusion vivante est l'expression du sentiment de la nature développé par les Persans : un sentiment poétique imprégné de panthéisme. Héritier de la gnose mazdéenne de l'ancienne Perse, l'Iran musulman voit en effet dans le monde terrestre, la réplique matérielle d'un monde surréel, un monde de la pure visualité ('alam al-mithal) qui est selon les termes des mystiques persans, "l'Ange du monde". C'est cette "Terre de lumière", qui ignore les ombres et la dégradation des couleurs, que nous offre la miniature persane."
Source : Beaux-Arts, n°165, fév. 1998.

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