Retrouvez les chefs-d'oeuvre de la MINIATURE PERSANE et INDIENNE en PUZZLES sur le site : http://www.sindbad-puzzle.com/

Puzzles 1000 pièces disponibles sur www.sindbad-puzzle.com

vendredi 28 juin 2013

Sindbad PUZZLE au Ratha Yathra 2013 de Paris





Sindbad PUZZLE sera présent avec son stand de puzzles indiens et persans à la fête de Ratha Yatra 2013 de Paris qui se déroulera le 7 juillet. Le stand sera situé près de la Rotonde, place Stanlingrad, dès 9H00 du matin et jusqu'à tard le soir.

Le Ratha Yathra, c'est le festival du char de Jaganath (Krishna). Un chariot imposant, richement décoré, et consacré au dieu Krishna sera tiré par des fidèles à travers les rues de Paris. Le convoi partira de la place des Halles vers 14H00 pour se rendre à la place de Stalingrad où il arrivera autour de 17H00.
Le Ratha Yathra, c'est toute l'Inde en fête. Tout au long de la journée un programme particulièrement riche en spectacles et divertissements sera présenté aux parisiens avec un repas végétarien gratuit à Stalingrad offert par les organisateurs.
Le Ratha Yathra constitue l'une des plus grandes manifestations culturelles et spirituelles autour de l'Inde. Il représente un grand moment de convivialité, de fraternité et de partage autour de l'Inde.


mardi 25 juin 2013

Nainsukh : un film d'Amit Dutta (2010)




Nainsukh fut le plus grand peintre indien du XVIIIe siècle, mais il est aussi le premier artiste indien dont la biographie ait été filmée. Fasciné par le style pictural naturaliste des cours mogholes, il se détourna peu à peu du style traditionnel de sa famille, pratiqué par son père, le célèbre Pandit Seu, et son frère Manaku. A l’âge de 30 ans, il fut invité au château de Jasrota où il travaillera comme peintre pour Raja Balwant Singh. Dorénavant, Nainsukh documentera dans ses œuvres les événements de la vie du prince, qu’il s’agisse de moments intimes de sa vie quotidienne ou de soirées officielles agrémentées de musique, de danse et de théâtre.
En étroite collaboration avec Eberhard Fischer, spécialiste de la peinture indienne, le jeune metteur en scène indien Amit Dutta a su créer un monde visuel authentique et percutant. Les images de Nainsukh ont été reconstituées jusque dans leurs moindres détails sur les lieux originaux du Nord de l’Inde. Ainsi le spectateur a-t-il l’impression de participer directement à la vie et à l’œuvre de ce grand artiste.

Source : Communiqué de presse du musée de Zurich

samedi 22 juin 2013

Nainsukh de Guler : Un miniaturiste d'atmosphère

Le rajah Balwant Singh sur la terrasse de son palais, Nainsukh de Guler, vers 1750


Le rajah Balwant Singh de Jasrota, minuscule, seul, debout sur la terrasse de son imposant palais de marbre blanc, regarde par une nuit d'encre bleue les gros nuages menaçants de la mousson s'amonceler dans le ciel. On entend le tonnerre gronder. L'orage va éclater. Une pluie diluvienne va s'abattre. Deux oiseaux, d'une blancheur lumineuse dans l'obscurité, s'éloignent à tire-d'ailes.
Tout le talent de Nainsukh de Guler éclate de façon magistrale dans cette miniature peu conventionnelle, atypique, novatrice. Ici, point de festival de petites touches de couleurs vives, brillantes, gemmées, comme on peut avoir l'habitude d'en voir dans les miniatures mais de larges aplats de teintes douces, délicates, tendres. Point non plus de scènes d'action ou de délassement dans des jardins paradisiaques mais un paysage nocturne créant une tension sourde dans l'esprit du spectateur par les sentiments de solitude, de silence, d'isolement et d'appréhension qu'il dégage. Toute l’œuvre est composée dans le but de nous révéler l'état psychologique du personnage. Nainsukh fut avant tout un peintre d'atmosphère, un observateur attentif des moments intimes, un interprète des remous de l'âme humaine.
Comme dans cette autre miniature ci-dessous :

Jeune femme courant à la rencontre de son amant, Nainsukh, vers 1750

Une femme, seule dans une nuit pluvieuse balafrée de lézardes lumineuses, s'aventure dans une campagne infestée de dangers à la rencontre de son amant. Dans sa course, son bracelet de cheville doré s'est détaché de son pied. Sur la droite, deux arbres majestueux, se tiennent enlacés amoureusement. On remarquera le geste attendrissant du grand arbre posant une branche protectrice autour du tronc du plus petit.
Nainsukh, se démarqua de la peinture moghole et pahari (sa région natale), en créant des paysages profondément originaux, à mi-chemin entre réalisme et imagination. Tous ses paysages sont imprégnés d'un onirisme diffus qui contribue à conférer à ses miniatures une atmosphère de songe. Le professeur Goswamy, historien d'art, explique : "La peinture pahari était davantage tournée vers la mythologie. La palette des couleurs était riche mais n'explorait pas le décor de fond. Aussi, les peintures ne possédaient aucune profondeur de champ. Un paysage entièrement imaginaire était créé de toutes pièces. Le naturalisme des miniatures mogholes attira l'attention de Nainsukh. Il combina les deux tendances, naturaliste et imaginaire, pour créer un style entièrement personnel. Il élabora des paysages proches de la réalité, comme ces étendues de collines ondoyantes typiques de la région de Pahari mais leur insuffla une certaine dose de fantaisie, ce qui contribua à faire d'eux des espaces empreints d'une grande poésie."

Le raja Balwant Singh entouré de musiciens jouant un raga (mode musical approprié à une humeur ou un instant particulier), Nainsukh de Guler, vers 1750

Le miniaturiste Nainsukh naquit au début du XVIIIe siècle à Guler, une petite ville tranquille située dans la douce région vallonnée de Pahari au pied de l'Himalaya. Issu d'une famille d'artistes renommés, Nainsukh en grandissant développa un langage pictural personnel caractérisé par des tons doux et pastels. La carrière artistique de Nainsukh est étroitement liée à sa rencontre avec le rajah Balwant Singh de Jasrota qui lui offrit sa protection et fut un mécène averti en art bien que disposant de moyens modestes. Une complicité et une camaraderie étroites semblent avoir lié les deux hommes tout au long de leur vie. Nainsukh fit de son maître son sujet de prédilection et le représenta dans ses activités tant officielles que privées.  Le registre des thèmes traités par Nainsukh nous étonne par son étendue. Il peignit tout aussi bien la vie à la cour du Rajah que celle des villageois occupés à leurs travaux rustiques, en passant par des compositions que l'on pourrait qualifier de fantastiques tant on s'interroge sur le caractère énigmatique de certaines scènes qui semblent inspirées de récits mythologiques ou du folklore pahari. Toute l’œuvre de Nainsukh porte la trace d'un humanisme profond, d'un regard bienveillant qu'il posa sur le genre humain et son quotidien avec un sens de l'observation des plus aigus.

Le rajah Miyan Mukun Deh en déplacement avec sa suite, Nainsukh, vers 1750
    
Le souverain moghol Muhammad Shah regardant un combat d'éléphants, Nainsukh de Guler, vers 1760
 
Krishna tue le serpent Aghasura, Nainsukh de Guler, vers 1750
Joueurs de trompettes, Nainsukh, vers 1750, MET Museum


vendredi 21 juin 2013

La "saveur" des miniatures persanes

Combat de lutteurs, début XVIIe siècle, Ispahan ou Baghbad (Ouzbékistan)


"Etant donné que la peinture iranienne ne connaît pratiquement pas de rivale dans le monde pour la pureté et l'intensité de ses couleurs, les apprentis devaient aussi découvrir les propriétés de chaque teinte, à la fois prise à part et en conjonction avec les autres ; en effet, dans les miniatures iraniennes, la palette ne se borne pas à former un "accord" visuel comme un bouquet de notes de musique : elle peut être "savourée" par fragments. Le plaisir est grand, par exemple, de regarder une miniature rien que pour le dessin des bleus, des rouges et des blancs tout seuls."

Source : Peinture iranienne, S. C. Welch, Chêne


dimanche 16 juin 2013

Chaybani Khan : Une victoire élégante

Portrait de Chaybani Khan, oeuvre attribuée à Behzad, vers 1500


A votre avis, le personnage représenté ci-dessus, entouré de tous les outils indispensables à l'écriture (encre, calame, règle...), est un calligraphe ? un peintre ? un scribe ? Aucun des trois. C'est un Seigneur de la guerre : Chaybani Khan (mort en 1510). Il vient tout juste de conquérir la brillante Hérat après avoir placé sous son joug la Transoxiane et sa splendide capitale Samarkande. Bien qu'ayant passé la plus grande partie de sa vie à cheval, à guerroyer par monts et vaux, Chaybani Khan est un amoureux des arts et des lettres, lui-même poète à ses rares heures perdues. Au lieu de se représenter en conquérant, chevauchant un fier destrier, ou paré de tous les attributs du pouvoir, il a choisi de se faire illustrer entouré des instruments de calligraphie afin de transmettre à la population l'image d'un homme simple, amoureux et protecteur des arts, de la science et de la culture. Seul le mouchoir, insigne de souveraineté en Perse, assorti à son caftan et qu'il tient dans sa main gauche, vient de manière discrète indiquer son statut de souverain. Par cette image avenante, paisible et décalée pour un vainqueur, le nouvel homme fort de Hérat veut rassurer la population cultivée et raffinée de la ville. Bien que d'origine turque, il n'est pas le barbare des steppes que l'on pourrait s'imaginer. Que les bonnes gens se rassurent, il veillera comme ses prédécesseurs, à la prospérité de la ville et maintiendra son statut de centre intellectuel de la région.
Le portrait est attribué à Behzad comme le mentionne la belle calligraphie dorée insérée dans deux cartouches aux arabesques fleuries. Le fond de l'image composé de larges aplats de couleurs vives contribue à rehausser la présence imposante du personnage. Bien que n'étant pas sur un trône, mais accoudé à un énorme coussin noir, Chaybani Khan possède néanmoins une majesté toute royale. On remarquera le réalisme des traits au niveau du visage. C'est bien un portrait réel que nous avons en face de nous, exemple particulièrement rare pour l'époque dans la miniature. C'est à Behzad que l'on attribue l'introduction du réalisme dans la peinture persane. Il faudra pourtant attendre le XVIIe siècle pour que le portrait, sous l'influence occidentale, connaisse son plein développement à la cour des Grands Moghols en Inde.

samedi 15 juin 2013

La calotte rouge du chiisme

Le vizir Buzurghmihr initiant le roi Khusraw aux échecs, manuscrit du Shah Name de Shah Tahmasp, XVIe siècle


Dans nombre de miniatures, nous voyons des personnages portant d'élégants turbans fichés d'un bâton rouge ou noir. Ce couvre-chef devint à la mode à l'époque de Shah Tahmasp. Il indique l'appartenance de l'individu au chiisme, ce courant de l'Islam qui considère que le Prophète a désigné Ali comme son successeur à la tête de la communauté musulmane. La symbolique des couleurs rouge ou noire, renvoie au martyr de l'Imam Hussain qui fut massacré avec ses compagnons à Kerbala en 680 par les troupes omeyyades du calife al-Yazid. Ce n'est qu'avec l'accession en 1501 de Shah Ismaël sur le trône d'Iran que le chiisme deviendra la religion officielle de l'Etat. Le nouveau souverain, par une politique de prosélytisme violent, parviendra à faire basculer les persans, majoritairement sunnites jusqu'à là, du côté chiite. Suivant l'exemple de Shah Ismaël, de nombreux artistes, tel le grand Behzad, se convertiront au chiisme.

Khosrow et Shirin dans un jardin, XVIe siècle

vendredi 14 juin 2013

Les secrets de l'Inde au temps du Taj Mahal

Jean-Michel Billioud, Les secrets de l'Inde au temps du Taj Mahal, Bayard



Sindbad PUZZLE a aimé ce livre pour enfants qui nous entraîne au coeur de l'Inde des Grands Moghols. Ecrit dans un langage simple et clair, le livre nous offre une vue panoramique sur l'histoire, les arts et la société indiennes durant l'époque moghole. L'auteur s'attarde plus particulièrement sur le règne de Shah Jehan, le grand bâtisseur du Taj Mahal, cette merveille architecturale qui témoigne de l'amour d'un homme pour sa bien-aimée disparue mais aussi de la richesse de toute une civilisation fondée par les descendants de Gengis Khan sur le continent indien.
L'extrait ci-dessous nous décrit la première rencontre du prince Khurram, le futur Shah Jehan, avec son épouse adorée Mumtaz Mahal :

"Coup de foudre au palais

Chaque année, un grand bazar se tient dans le palais impérial de Jehangir. Ce jour-là, les femmes et les filles des princes et des hauts dignitaires prennent la place des commerçants pour quelques heures. Comme dans un carnaval, les riches remplacent les pauvres, et les plus misérables, les grands seigneurs.
Alors que la fête bat son plein, le prince héritier découvre la ravissante Arjumand Bânu Begam derrière un étalage de soieries et verroteries. Âgée de 15 ans, elle est la fille d'un haut dignitaire de la cour. 
Séduit par cette jolie marchande, le prince lui demande le prix de l'un de ses bijoux. Malicieusement, la jeune fille prétend alors que même un prince ne peut l'acheter. Vexé, le fils de l'empereur tend la somme astronomique exigée avant de la quitter. Il ne l'oubliera pas.
Dès le lendemain, Shah Jehan aurait demandé à son père, l'empereur Jehangir, la permission de l'épouser. Le jeune prince devra patienter cinq ans avant de se marier. La cérémonie a lieu le 27 mars 1612, une date fixée par l'astrologue de la cour."

Source : Les secrets de l'Inde au temps du Taj Mahal, Jean-Michel Billioud, Bayard

samedi 1 juin 2013

Faizallah : Un palais sur la terrasse

Complexe palatial avec jardins d'un harem, Faizallah, Lucknow, vers 1765, The David Collection
45,5 X 31,8 cm.


Il y a deux ans de cela, une magnifique exposition s'était tenue au musée Guimet sur la ville de Lucknow, dans l'état d'Awadh, du XVIIe au XIXe siècle. A cette époque, la magnificence de la cour de Lucknow égalait voire surpassait en faste et en raffinement celle des souverains moghols.
Après le sac de Delhi en 1739 par le persan Nadir Shah, la cour moghole entra dans une phase de déclin qui profita aux différentes régions de l'Inde. Elles en profitèrent pour renforcer leur puissance et devinrent de véritables états indépendants reliés au pouvoir central par une simple allégeance nominale envers le souverain. De nombreux artistes, en quête de nouveaux mécènes, quittèrent la capitale moghole pour s'installer à Hyderabad, Kishangar ou Lucknow. Parmi eux : Faizallah. Les chercheurs jusqu'à présent ne lui ont pas rendu suffisamment justice, l'artiste n'est encore que rarement ou trop brièvement cité dans les livres d'art. Pourtant, le peintre mériterait une meilleure reconnaissance, comme nous en témoigne la miniature ci-dessus où le talent de l'artiste se déploie avec brio. L'oeuvre possède une richesse iconographique époustouflante. Une multitude de détails recouvrent la composition qui s'étale en longueur avec des lignes verticales qui créent un champ de profondeur. Le regard est dirigé de l'espace fermé du harem vers les collines ondoyantes situées de l'autre côté du fleuve. Les représentations animées de l'arrière-plan où l'on voit des scènes de la vie quotidienne, des processions princières, des défilés militaires, des laquais s'affairant à leurs obligations, créent un contraste saisissant avec celles de l'avant-plan où les femmes du harem vivent dans l'oisiveté et les agréments d'une vie hédoniste. C'est à Faizallah que l'on doit une évolution étonnante dans l'illustration des terrasses palatiales. De simples surfaces planes délimitées par des barrières à l'origine, les esplanades prendront avec Faizallah la forme de véritables palais édifiés par un agencement complexe de pavillons superposés. De vastes jardins symétriques, comprenant des parterres fleuris, des fontaines, des plans d'eau, des arbres fruitiers et des oiseaux exotiques, viendront structurer et ordonner l'ensemble selon un plan géométrique. Le palais, les belvédères ainsi que le domaine du prince deviennent des lieux symboliques d'un séjour édénique où, grâce à la gouvernance éclairée du sultan, la prospérité règne et les sujets accomplissent, de bonne grâce, les devoirs inhérents à leurs statuts sociaux. 


Princesse réticente emmenée de force devant un prince impatient, Faizallah, vers 1760, British Library

lundi 27 mai 2013

L'album floral de Dara Shikoh

Page calligraphiée, Album floral de Dara Shikoh, vers 1641, Aga Khan Museum, Toronto


On dit souvent que si Dara Shikoh avait succédé à son père Shah Jehan à la tête de l'empire moghol, le destin et l'histoire de cette dynastie auraient certainement pris une toute autre tournure. Hélas, la providence en décida autrement. Le pauvre Dara Shikoh, homme à la sensibilité délicate, fin esthète et adepte d'un soufisme prêchant l'amour universel par delà les clivages confessionnelles fut évincé du pouvoir par son jeune frère, le rusé et sectaire Aurengzeb. Dans la lutte sans merci qu'ils se livrèrent pour la conquête du trône, le cadet réussit à l'emporter sur l'aîné en lui infligeant une défaite militaire sévère. Dara Shikoh fut capturé, emprisonné puis exécuté pour hérésie. Un comble pour ce prince érudit qui, désireux de promouvoir une compréhension mutuelle entre hindous et musulmans,  avait traduit les Upanishad du sanskrit au persan puis composé un livre  intitulé "Majma' al-bahrein" ("Le confluent des deux mers") dans lequel il s'efforçait de révéler les points de convergences entre l'islam et l'hindouisme.
Mais laissons là les aléas de l'histoire avec ses revers de fortune, turpitudes et injustices pour nous tourner vers les beautés consolatrices de l'art. Notamment vers l'un des plus beaux trésors de la peinture moghole : l'album floral de Dara Shikoh. Le prince fit réaliser l'ouvrage pour sa bien-aimée, la princesse Nadira Banu Bégum, comme nous l'atteste la tendre dédicace datée de 1641 : "Ce précieux album fut offert par Muhammad Dara Shikoh, le fils du conquérant Shah Jehan, à sa compagne très spéciale, son intime et sa confidente, la princesse Nadira Banu."
Le volume contient 68 miniatures, toutes d'un raffinement extraordinaire, essentiellement des études et des arrangements floraux, mais également quelques belles pages de calligraphies ainsi que de ravissants portraits de femmes, comme ceux de Jehanara, la soeur bien-aimée, ou encore de l'épouse chérie Nadira Banu. Cet album floral témoigne de l'attrait prononcé qu'avaient les Moghols envers les beautés de la nature, et l'origine de son inspiration peut être recherchée dans les herbiers européens introduits à la cour moghole par les jésuites et les voyageurs.

Roses et lilas, Album floral de Dara Shikoh, British Museum



Iris bleus avec papillon, Album floral de Dara Shikoh, British Museum

 
Dédicace personnelle de Dara Shikoh à son épouse Nadira Banu Bégum, Album floral de Dara Shikoh, British Museum


Portrait de Dara Shikoh par Murar, British Museum
 
Portrait de Nadira Banu Bégum, Album floral de Dara Shikoh, British Museum

samedi 18 mai 2013

India blognote : Comprendre l'Inde





Sindbad PUZZLE est particulièrement heureux de saluer la parution du livre India blognote. Comprendre l'Inde, d'autant plus qu'il y a quelques mois de cela ses auteurs avaient spontanément fait l'amitié de consacrer un billet sur leur blog à Sindbad PUZZLE. 
India blognote, un blog de référence sur l'Inde, alimenté de 2008 à 2011 par Geoffroy et Olivia, deux expatriés à Bombay, est devenu à la sollicitation de ses nombreux lecteurs un livre. On pourra y retrouver les meilleurs articles publiés sur le blog mais revus et enrichis en fonction de l'actualité. On n'en doute pas à Sindbad PUZZLE que ce livre servira de guide aux voyageurs qui s'aventurent en Inde. Il leur permettra de déchiffrer les innombrables codes régissant la vie quotidienne des indiens tout en apportant des éclairages pertinents sur l'art et l'histoire du pays.
Nous laissons aux auteurs le soin de présenter l'aventure de ce livre :

"l'histoire de ce livre
Beaucoup d'entre vous nous l'avaient demandé et nous avons fini par le faire ! Oui, Indiablognote est désormais un livre publié par les Editions Persée.

Pour nous, c'est l'aboutissement d'un projet que nous avions démarré il y a un an ; trouver un éditeur n'est pas si facile, mais nous y sommes parvenus. Ce que nous souhaitions plus que tout est qu'Indiablognote ne disparaisse pas et qu'il puisse, sous forme de livre, aider ceux et celles qui s'intéressent à l'Inde. Du reste, même si nous ne publions que très peu d'articles dans le blog depuis que nous sommes rentrés en France, nous continuons d'une part à recevoir un grand nombre de visiteurs (entre 200 et 300 par jour), et d'autre part à recevoir de nombreux mails de lecteurs qui nous interrogent sur notre expérience indienne.

Notre livre s'intitule "Indiablognote, comprendre l'Inde", puisque c'est à cette vocation que répondait le blog. Il reprend de nombreux articles du blog bien sûr, mais classés par thèmes, et est préfacé par Frédéric Bobin, Correspondant du Monde en Inde. La photo de couverture est une superbe photo de Nathalie Jauffret dont le blog (www.indiaphragme.com) est un recueil de magnifiques photos de l'Inde.

Le livre est référencé sur Amazon et sur plusieurs sites marchands. N'hésitez pas à le commander (à votre libraire ou en ligne) et surtout à le recommander en mettant un commentaire sur ces sites. "

4e de couverture :

"L'Inde est un pays qui ne se laisse pas comprendre en un regard. Il faut du temps et surtout une inlassable curiosité. Geoffroy et Olivia, expatriés à Bombay de 2008 à 2011, y ont fait beaucoup de rencontres et beaucoup de lectures pour comprendre la société et les religions indiennes. Leur volonté était de comprendre, certes, mais aussi raconter, expliquer et faire partager leurs connaissances. Ils ont créé un blog, Indiablognote, qui a rapidement connu un grand succès avec plus de 130 000 visiteurs, lesquels s'intéressent à l'Inde ou souhaitent s'installer dans ce pays aussi paradoxal que fascinant. Ce recueil est ainsi une intéressante compilation de chroniques, non dénuée d'humour, rédigée dans un style alerte et épuré. Des origines à l'époque actuelle, entre anecdotes et sujets de fond, ce kaléidoscope épistolaire est une mine d'informations sur la prodigieuse diversité et les spécificités du subcontinent indien, parfois surprenantes pour nous autres Européens."

Sindbad PUZZLE souhaite à Geoffroy et Olivia un grand succès en librairie pour India blognote
 

vendredi 17 mai 2013

Georges Perec : L'art du puzzle

Georges Perec



Préambule

L'oeil suit les chemins qui lui ont été aménagés dans l'oeuvre.

(Paul Klee, Pädagogisches Skizzenbuch)

Au départ, l'art du puzzle semble un art bref, un art mince, tout entier contenu dans un maigre enseignement de la Gestalt-théorie : l'objet visé - qu'il s'agisse d'un acte perceptif, d'un apprentissage, d'un système physiologique ou, dans le cas qui nous occupe, d'un puzzle de bois - n'est pas une somme d'éléments qu'il faudrait d'abord isoler et analyser, mais un ensemble, c'est-à-dire une forme, une structure : l'élément ne préexiste pas à l'ensemble, il n'est ni plus immédiat ni plus ancien, ce ne sont pas les éléments qui déterminent l'ensemble, mais l'ensemble qui détermine les éléments : la connaissance du tout et de ses lois, de l'ensemble et de sa structure, ne saurait être déduite de la connaissance séparée des parties qui le composent : cela veut dire qu'on peut regarder une pièce d'un puzzle pendant trois jours et croire tout savoir de sa configuration et de sa couleur sans avoir le moins du monde avancé : seule compte la possibilité de relier cette pièce à d'autres pièces, et en ce sens il y a quelque chose de commun entre l'art du puzzle et l'art du go ; seules les pièces rassemblées prendront un caractère lisible, prendront un sens : considérée isolément une pièce d'un puzzle ne veut rien dire ; elle est seulement une question impossible, défi opaque ; mais à peine a-t-on réussi, au terme de plusieurs minutes d'essais et d'erreurs, ou en une demi-seconde prodigieusement inspirée, à la connecter à l'une de ses voisines, que la pièce disparaît, cesse d'exister en tant que pièce : l'intense difficulté qui a précédé ce rapprochement, et que le mot puzzle - énigme - désigne si bien en anglais, non seulement n'a plus de raison d'être, mais semble n'en avoir jamais eu, tant elle est devenue évidence : les deux pièces miraculeusement réunies n'en forment qu'une, à son tour source d'erreur, d'hésitation, de désarroi et d'attente.

Georges Perec : La vie mode d'emploi, Le Livre de Poche

mardi 23 avril 2013

Georges Perec : The art of jigsaw puzzles



Preamble

The eye follows the paths that have
been laid down for it in the work
(Paul Klee, Pädagogisches Skizzenbuch)

To begin with, the art of jigsaw puzzles seems of little substance, easily exhausted, wholly dealt with by a basic introduction to Gestalt: the perceived object — we may be dealing with a perceptual act, the acquisition of a skill, a physiological system, or, as in the present case, a wooden jigsaw puzzle — is not a sum of elements to be distinguished from each other and analysed discretely, but a pattern, that is to say a form, a structure: the element’s existence does not precede the existence of the whole, it comes neither before nor after it, for the parts do not determine the pattern, but the pattern determines the parts: knowledge of the pattern and of its laws, of the set and its structure, could not possibly be derived from discrete knowledge of the elements that compose it. That means that you can look at a piece of a puzzle for three whole days, you can believe that you know all there is to know about its colouring and shape, and be no further on than when you started. The only thing that counts is the ability to link this piece to other pieces, and in that sense the art of the jigsaw puzzle has something in common with the art of go. The pieces are readable, take on a sense, only when assembled; in isolation, a puzzle piece means nothing — just an impossible question, an opaque challenge. But as soon as you have succeeded, after minutes of trial and error, or after a prodigious half-second flash of inspiration, in fitting it into one of its neighbours, the piece disappears, ceases to exist as a piece. The intense difficulty preceding this link-up — which the English word puzzle indicates so well — not only loses its raison d’être, it seems never to have had any reason, so obvious does the solution appear. The two pieces so miraculously conjoined are henceforth one, which in its turn will be a source of error, hesitation, dismay, and expectation [...].
[...] From this, one can make a deduction which is quite certainly the ultimate truth of jigsaw puzzles: despite appearances, puzzling is not a solitary game: every move the puzzler makes, the puzzle-maker has made before; every piece the puzzler picks up, and picks again, and studies and strokes, every combination he tries, and tries a second time, every blunder and every insight, each hope and each discouragement have all been designed, calculated, and decided by the other.
Georges Perec : Life : A User's Manual

Balthus, Le passage du commerce Saint-André, 1952-53, Huile sur toile